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La ferme on gueule !  (2/2)

La ferme on gueule ! (2/2)

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Paroles

La ferme on gueule (2/2)

Qu’ouïs-je ? Ce fracas ? Ce ton bien trop rauque ?
Est-ce là une fanfare ou l’hymne de la loque ?"
Bruxelles, profanée ! L’odeur est infâme !
Qu’on chasse ces marauds, qu’ils regagnent les sillons de leurs âmes !

Des rustres en colère, brandissant leur fumière
Grognant sur le pavé tel un bétail vulgaire.
Mais qu’espèrent-ils donc, ces pleutres sans raison ?
Bruxelles n’est point un champ, encore moins leur maison !

J’entends que promesses, nous ferions en vain,
Mais c’est ainsi qu’on règne, et qu’ils mangent leur pain !
Le labeur est leur lot, la grandeur nous revient,
Qu’ils plient l’échine et se contentent de leur pain !

Nous sommes cléments ! Voyez nos largesses !
Des primes, des quotas, quel douce Noblesse !
Mais ils grognent, ils râlent, sans fin ni repos,
N’est-ce donc jamais assez pour ces manants ingrats et sots ?

J’entends qu’ils peinent pour tous, mais meurent esseulés,
Comme si le destin n’était pas bien réglé !
La roture sert, la noblesse songe,
C’est là l’ordre du monde, et point de mensonge !

La viande d’outre-mer est une affaire exquise,
Bien moins onéreuse, et fort bien promise.
Mais ces bouseux vocifèrent, veulent des privilèges,
Et prétendent que nos accords ne sont que des manèges !

J’entends que nos traités seraient leur poison,
Mais c’est un doux breuvage qui fait la nation !
Un royaume d’or, où les seigneurs festoient,
Et ces rustres réclament encor leurs droits ?

Le progrès s’impose, il est grand temps d’évoluer,
La terre se vend mieux quand on sait la brader !
Des lois, des décrets, pour purifier l’air,
Qu’importe si ailleurs, l’enfer est prospère !

J’entends qu’ils veulent labeur sans mendier,
Mais n’est-ce point là un bel héritage à préserver ?
La sueur d’un manant vaut l’or du royaume,
Qu’ils travaillent en paix, qu’ils n’exige point trône !

Un gueux se rebelle ? Que fait-on, messires ?
Une aumône, une bourse, et qu’il cesse d’agonir !
Des promesses, des mots, voilà bien la recette,
Que demain tout s’oublie et que cesse la tempête !

Que peut-on attendre de ces rustres sans verbe ?
Ils grognent leur peine, nous parlons superbe !
Qu'ils retournent dans leurs champs et leurs crottes,
Pendant qu’ici, l’on trinque et l’on vote !