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L'assistante sociale

L'assistante sociale

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Paroles

L'assistante sociale

Je badge sans y penser, l’écran me crache sa lumière,
Un bureau gris, froid, où le social se perd.
je ne suis qu’un rouage, qu’un outi dévoué,
des vies qu’on formate, à cocher ou barrer.

"Non, pas assez pauvre", c’est écrit noir sur blanc,
Des destins broyés par des chiffres, des règlements.
Un café tiède pour avaler l’inhumain,
Assistante ou robot ? Je m’interroge chaque matin.

[Refrain]
C’était pas ça que je voulais, pas ce poids, pas ce silence,
Je rêvais d’humains, de regards, de confiance.
Pas des clics, pas des cases, des vies qu’on efface,
Où est passé le social ? Les budgets ont pris ma place.

Dans l’asile, les couloirs sentent le froid et l’oubli,
Des corps sous calmants, figés dans une demi-vie.
Les ombres murmurent, des pensées en exil,
Je m’assois près d’eux, leur monde est fragile.

Je recouds des bribes, des souvenirs qui s’effacent,
Dans leurs silences lourds, j’apporte une trace.
Parfois un regard, un mot, brise l’indifférence,
Assistante ou lumière ? Je redonne une chance.

[Refrain]
C’est lourd, ça pèse, ça te broie, ça t’épuise,
Des vies en lambeaux qui te hantent, te brisent.
Mais si un sourire éclot, même fragile, éphémère,
Alors le poids s’allège, et la journée est lumière.

Un matin, ils arrivent, les papiers à la main,
Des enfants fatigués, pris dans leur quotidien.
Le dossier s’ouvre, une demande difficile,
Une mère à placer, un choix toujours hostile.

Elle me regarde, le regard chargé de rancune,
Un mélange de détresse, d’amour et d’amertume.
Un hôme trop coûteux, des chiffres qui s’imposent,
Assistante ou arbitre ? Mon cœur se décompose.

[Refrain]
Il faut un mental d’acier pour encaisser les coups,
Des vies brisées, des cris, des silences bien trop flous.
Ils avancent malgré tout, un sourire pour symbole,
Car parfois un instant suffit pour qu’une vie décolle.

Mais la journée ne s’arrête pas à leur bureau,
Leurs propres soucis les attendent en écho.
Assistants pour les autres, mais humains avant tout,
Leurs batailles privées, ils les mènent à genoux.

Leur journée s’éteint, mais leur force reste là
Parce que demain, ils continuent le combat!