L'inversion
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Paroles
L’INVERSION Pour vous, tout s'effondre, c'est le règne du déclin, Pour nous, tout s'ordonne, c'est un festin sans fin ! Votre chute est le socle où nos plans s'établissent, On veut toutes vos crises... quand vos droits s'affaiblissent ! On a réduit l'espace et borné vos sorties, Moutons dociles et froids, aux cervelles flétries. Chaque pas est tracé, vous tendez le collier, Heureux d'être tondus, fiers de vous oublier. Le monde est un enclos, une zone sous licence, Où votre lâcheté nourrit notre insolence. Vous êtes bien trop stupides pour vouloir vous enfuir, Vous préférez la laisse plutôt que de réfléchir. L'or est dans nos coffres, la lignée est scellée, Votre épargne est un code par nos soins étranglé. On ne soigne plus rien, on cultive vos angoisses, Pour que dans nos officines vos fortunes s'entassent. Plus de cash dans vos mains, juste un signal digital, Pour briser d'un seul clic votre souffle vital. Votre corps est un parc, une rente, un cheptel, On vous mène à l'abattoir, et c'est vous qui faites l'appel. Le chaos est un art qu'on dessine à la craie, Pour vous voir ramper, on n'a plus de secret. On tord tous les symboles, on vide chaque syllabe, Face à votre mollesse, on se sent imbattables. Rien ne nous échappe, tout est sous notre main, On dicte votre vie, on gère votre destin. On règle vos écoles, vos écrans et vos moeurs, La science est un dogme et la foi une erreur. Mais sachez qu'on frissonne dans nos salons de soie, À l'idée qu'un matin, vous retrouviez la foi. Si vous lâchiez vos écrans pour redevenir frères, Si vous cessiez d'avoir peur, on finirait sous terre. Mais l'autonomie vous effraie, vous restez bien trop lents, Alors on boit vos larmes et on dort... contents. Ils criaient au complot ? On les a muselés, Pendant que vous rêviez, le regard aveuglé. La vérité s'affiche, on ne se cache même plus, Mais vous êtes prévisibles, et surtout bien têtus. La preuve est sous vos yeux, mais vous fermez les paupières, De peur que la clarté ne brise vos barrières. Le loup est dans la place, il porte vos habits, Et vous l'applaudissez... quel peuple de brebis ! On polit vos pensées, on vous dicte vos colères, Pendant qu'on s'approprie la terre et la lumière. On inverse le vrai, on sacre l'imposture, Et vous en redemandez, c'est votre propre nature. La guerre est un progrès, l'esclavage est un don, Vous avalez la soupe, on vous tient par le menton. Le monde est à l'envers, et vous dites "merci", On n'a même plus besoin de vous forcer, ici. Le chaos est un art qu'on dessine à la craie, Votre chute est le prix de notre immense succès. On inverse le réel, on signe notre empire, Face à tant de bêtise, on ne peut qu'en rire. Rien ne nous échappe, le piège est souverain, On a mangé votre hier... on dévore votre demain.