Si on se disait ...
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Paroles
Y a des silences à table que personne ne voit Des mots qui restent en suspens et qui pèse en soi Elle parlait d’autre chose pour ne pas déranger Mais ses yeux racontaient ce qu’elle n’osait pas nommer On souriait tous un peu pour garder l’équilibre Mais y a des regards comme ça qui demandent qu’on les délivre Je connais bien ce silence je l’ai laissé grandir À force de croire au calme on apprend à mentir On évite les tempêtes on repousse à demain Mais ce qu’on tait dans nos têtes nous échappe des mains Si on s’était dit ce qui brûlait au lieu de faire semblant On aurait évité l’incendie qui couvait depuis longtemps Si on s’était dit ce qu’on cachait sans cherché à gagner On aurait laissé moins de place au silence installé Un soir, j’ai forcé les mots à sortir de nos armures Y avait des failles sous la peinture des fissures dans les murs Le premier mot fut une flèche plantée sans détour Mais derrière chaque reproche y avait un appel au secours Si on s’était dit ce qui brûlait avant de s’abîmer On aurait peut-être appris à mieux se regarder Si on s’était dit ce qu’on portait sans attendre le pire On aurait laissé moins de place à tout ce qui déchire Ils étaient là, sans comprendre à regarder nos silences À apprendre sans attendre les lois de nos absences On croit les protéger en taisant nos combats Mais ils savent écouter ce qu’on ne leur dit pas Parler fait trembler les murs et parfois ça fait mal Mais c’est dans ces fissures que revient le vital On ne gagne rien à se taire on ne perd pas à dire Même maladroit, même sincère c’est comme ça qu’on respire Si on s’était dit ce qui brûlait au lieu de faire semblant On aurait peut-être évité de blesser autant Si on s’était dit avant trop tard sans compter les raisons On aurait tenu autrement les murs de la maison Aujourd’hui quand je vois ces regards qui vacillent Je repense à ces fois où tout tenait fragile Et s’il reste une chose que je pourrais donner C’est d’oser dire les choses avant de les briser Y a des silences à table qui ressemblent à la paix Mais tant qu’un mot peut passer rien n’est tout à fait cassé